Étape 4 — Traversée d'un cratère volcanique à 2000 m au-dessus du niveau de la mer
Nous quittons la jungle humide et nous nous dirigeons vers les hauts plateaux du Cameroun. Le paysage ressemble à une steppe, notre prochaine destination est un cratère situé à 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
La montée vers la crête du cratère est très raide, le chemin étroit est parsemé de gros rochers. La route vers les hautes terres nous fait traverser deux zones climatiques différentes. Nous laissons la jungle humide derrière nous et partons maintenant en randonnée dans la forêt nuageuse agréablement fraîche. Elle doit son nom au climat humide qui fait que la forêt est toujours recouverte de brouillard. La flore et la faune sont très diverses : diverses plantes et herbes poussent partout. Plus nous parcourons de mètres d'altitude, plus il fait chaud. De loin, nous apercevons l'extrémité de la forêt nuageuse et reconnaissons un paysage semblable à une steppe. Nous atteignons enfin les hauts plateaux du Cameroun. Nos membres sont lentement endoloris, le soleil éclatant de midi brûle sur nos visages, mais le volcan est encore loin d'être visible. Motivés et joyeux au début, nous marchons maintenant silencieusement côte à côte et nous nous demandons quand nous atteindrons l'objectif. Physiquement à la limite, nous atteignons la crête du cratère avec les dernières forces. Bouleversés et sans voix, nous regardons ce panorama incroyable. Ce n'est que maintenant que nous pouvons voir la taille réelle de l'imposant cratère. L'intérieur du cratère est recouvert d'une végétation dense. De loin, nous voyons deux lacs d'un vert éclatant situés au milieu du cratère. Nous avons vraiment envie de les voir de près ! Mais d'abord, nous avons tous besoin d'une pause, sauf Camilo qui, bien sûr, télécopie à nouveau. #lionking
Le Roi Lion - Édition Vivi Kola
Nous avons terminé avec succès la descente abrupte vers l'intérieur du cratère sans autres complications. En chemin, nous rencontrons un berger et son troupeau de vaches. La randonnée se poursuit à travers le paysage de steppe aride. Enfin, nous atteignons l'étroite crête qui se trouve entre les deux lacs de cratère vert émeraude. Nous apprécions la vue pittoresque, mais les apparences sont trompeuses. Notre guide nous apprend soudainement que nous nous trouvons actuellement dans une zone dangereuse. Depuis plusieurs années, une guerre civile oppose la population locale francophone à la population locale anglophone. Il s'agit de savoir qui a droit à cette partie du pays. Le versant nord du cratère appartient à la population anglophone, le versant sud aux francophones. Nous le regardons un peu stupéfaits. Nous aurions aimé entendre cette information qui n'est pas totalement hors de propos plus tôt... Il se peut que nous ne voyions personne d'autre de loin, mais notre instinct nous dit que nous sommes surveillés. Fabian, en particulier, est nerveux ; il se promène d'un pied à l'autre avec nervosité. Nous prenons rapidement quelques photos et sortons rapidement de la zone de danger. Le soleil nous atteint d'une chaleur incroyable, mais notre adrénaline nous permet d'atteindre des performances optimales. Ce n'est que lorsque nous quittons la zone de danger que nous pouvons respirer profondément. Fous de joie que nous soyons tous en bonne santé ensemble, nous marchons vers l'autre côté du cratère. Cette randonnée aurait pu se terminer différemment...
Zone de danger sur la crête du cratère à 2 000 m au-dessus du niveau de la mer
Le soleil se couche lentement alors que nous montons de l'autre côté de la crête du cratère. Avec nos dernières forces, nous dressons nos tentes et cuisinons à nouveau nos légendaires pâtes sur la cuisinière à gaz. Pendant la cuisson des pâtes, le soleil disparaît derrière la montagne. Pour mieux voir, nous allumons nos torches à feu. Ce n'est pas une très bonne idée, comme cela s'avère rétrospectivement. Alors que nous sommes sur le point de nous familiariser avec la nourriture, deux personnages s'approchent de nous. Nous sommes terrifiés parce que nous n'aurions jamais attendu d'autres personnes à 2000 m au-dessus du niveau de la mer. Les deux hommes discutent et vous pouvez voir qu'ils ne sont pas particulièrement contents. Camilo discute avec eux pour connaître la raison de leur visite. Il s'avère que ce sont les deux propriétaires et ils ont vu nos torches allumées de loin. Ils pensaient que nous étions des envahisseurs venus de l'autre côté de la guerre et qui s'étaient répandus sur leur territoire. Camilo s'est excusé et leur a expliqué pourquoi nous avions installé notre camp ici. Ils nous disent que nous ne sommes pas autorisés à camper sans inscription, car c'est beaucoup trop dangereux. Nous devons immédiatement démonter nos tentes et descendre dans la vallée. Notre guide prend également part à la conversation et dit que nous ne le savions pas. La situation est extrêmement tendue et il n'est pas certain que nous devrons tout arrêter et descendre dans la vallée. Les propriétaires, Camilo et notre guide conviennent enfin que nous pouvons passer la nuit. Cependant, nous devrions verser une indemnité au poste de surveillance de la vallée le lendemain. Nous sommes tellement reconnaissants qu'ils aient fait une exception pour nous !
Le magnifique paysage de steppe dans le cratère volcanique
Il est encore très tôt le matin, tout le groupe sort lentement de ses tentes. Le soleil se lève derrière la montagne et enchante le magnifique panorama dans une lumière orange. Parfois, nous avons du mal à croire à cette expérience unique. En véritable Appenzeller, Fabian ne peut s'empêcher de faire une petite sérénade yodel devant cette vue. Nice, c'est différent, mais au moins nous sommes tous bien éveillés maintenant. Nous préparons du café et mangeons des fruits frais, que nous avons achetés et récupérés sur un marché la veille. Il est temps de partir. Il nous reste encore quelques kilomètres à parcourir aujourd'hui et nous voulons absolument parcourir la majeure partie du parcours avant le fort soleil de midi. Les tentes sont rangées, nos sacs à dos sont emballés : nous sommes prêts à descendre dans la vallée.